Elista - La Saint Valentin
Le retour des enfants prodigues de la chanson rock française
« L’amour, la guerre et l’imbécile » est le troisième album du groupe français Elista. Celui-ci est distribué via le label Wagram aux formats CD et mp3. Sa présence s’impose dans nos colonnes par la qualité des chansons qui sont ici proposées. Cinq ans se sont écoulés depuis la parution de leur précédent opus, « La folie douce ». Cinq ans d’une gestation à la fois contrainte par des impératifs familiaux et professionnels, mais également planifiée pour prendre le temps de se ressourcer et de découvrir d’autres horizons (Cf biographie du groupe Elista, rubriques artistes / groupes).
C’est en décembre 2008 que l’aventure a commencée. Elista s’est isolé dans une vieille maison au milieu des vignes près de Beaumes-de-Venise dans le Lubéron. C’est à cet endroit précis qu’ils ont aménagé le mini home-studio qui allait leur permettre d’engendrer l’album. Le groupe avait convié un bassiste en la personne de Stéphane Bertrand, déjà présent sur le précédent album, puis un producteur ingénieur du son, Antoine Gaillet. C’est dans cette configuration qu’est né « L’amour, la guerre et l’imbécile ». « On a investi une vieille maison de pierre, située au beau milieu des vignes et des champs. On a branché la console, fait courir les câbles dans les escaliers, installé la basse dans une chambre, la batterie dans une autre, et les guitares, encore ailleurs : on s’est fabriqué notre petit home-studio. Le matin c’était le chant des oiseaux qui nous réveillait, et le soir, on s’endormait en écoutant ce qu’on avait enregistré la journée. Ça nous a permis de faire quelque chose de spontané. On était vraiment dans de très bonnes conditions : perdus en pleine nature, on était détendus. »
Pour cette nouvelle production, le groupe Elista a souhaité un retour aux sonorités qu’il faisait siennes à ses débuts, à savoir des chansons pop acoustiques faciles d’accès pour le grand public, tout en gardant cette touche personnel qui lui tient à cœur. « On a pu faire le disque très mélodique et personnel dont on avait envie ». Ce plaisir de jouer, cette profusion créative qui est à l’origine de l’album prennent tout leur sens à l’écoute de ces quelques douze titres.
« La part de toi » et « La Saint-Valentin » sont, à l’image de l’ensemble de l’album, musicalement lumineux. Les textes semblent évoquer le temps qui passe dans une relation, les doutes qui s’effacent au profits de certitudes, un regard éclairé sur l’amour. Le second titre est le premier single extrait de l’album, une chanson pop au refrain fédérateur.
« Ton serment » s’attaque à l’aspect éphémère des mots, une vérité un jour ne l’est plus forcement quelques années plus tard.
« Seul & Sans Défense » évoque les désillusions d’un jeune provincial qui quitte son petit village du nord de la France pour réussir à Paris.
Le titre éponyme, « L’amour, la guerre & l’imbécile » est majestueux. Les mots trouvés pour évoquer la thématique de l’infidélité font incontestablement mouche, tout autant que l’énergie mélodique qui font de ce titre l’un des atouts majeur de l’album.
« Des couleurs à ta robe » est sans doute l’un des titres les plus personnels du parolier qui s’adresse en ces mots à sa petite fille, prenant conscience au passage une nouvelle fois du temps qui passe et de l’importance de l’instant présent.
« A La Manière d’Un Météore » parle de l’adolescence, de ces amitiés qui partent en désuétude avec le temp.
« Devine » est, musicalement parlant, l’un des temps forts de l’album. La basse engendre une complainte magnifiée par les harmonies vocales du refrain. Du grand art et une chanson essentielle, à l’image du reste de l’album. « L’idée, c’était qu’elles fonctionnent dès la première écoute. On les voulait limpides dans les textes comme dans la musique. On avait envie d’harmonies vocales, d’arrangements délicats… on voulait faire plus simple sans pour autant faire simplet ».
C’est le coté sombre de groupe qui clôture l’album, par ce titre, « Le royaume des cieux », qui prouve une nouvelle fois la qualité d’écriture de Benjamin Peurey et ce quelque soit le format et la thématique choisi.
Cet album est, à n’en point douter, l’un des essentiels de l’année qui débute. Et pour ne pas vous laisser sur votre faim, mon petit doigts me dit, au vue de l’amour porté par le groupe pour notre support de prédilection, que celui-ci devrait paraître prochainement sous la forme d’un album vinyle collector. Affaire à suivre donc, pour les passionnés que nous sommes …
Article publié par Albert le